De la reconnaissance internationale

La permissivité que l’Onu a entretenue en permettant au pouvoir transitoire de Madagascar à ratifier le Traité international pour l’abolition de la peine de mort mérite de reposer la question sur le jeu que la communauté internationale pratique. Un régime transitoire que d’autres pays qualifient jusqu’aujourd’hui né d’un coup d’Etat suivant la définition du Lexique Dalloz d’«action de force contre les pouvoirs publics exécutée par une partie des gouvernants ou par des subordonnées, surtout militaire, qui vise à renverser le régime établi» Même s’il est évident que le Traité est un grand pas dans la sphère de droits de l’Homme, et que cette signature n’est que le troisième sur les dix échelons vers la ratification, on se demande quand même si la dite communauté ne joue-t-elle pas le jeu de fozaorana.
En effet, les droits internationaux reconnaissent qu’il n’est pas du ressort d’un gouvernement transitoire de conclure un engagement à long-terme pour le pays. D’ailleurs, la Feuille de Route pour la sortie de crise à Madagascar stipule dans son article 8 que « …ceux-ci ne relevant que de la compétence du futur gouvernement à l’issus des élections ». Cette Feuille de Route qui engage non seulement les acteurs politiques malgaches mais également les médiateurs et la communauté internationale toute entière dans sa quatrième partie. Ainsi, tout au début, les conditions sont fermes sur le retour du pays dans le concert des nations. Un retour progressif évalué en fonction de la mise en œuvre des étapes fixées par la FdR. Somme-nous alors vers une reconnaissance internationale du gouvernement de la transition? Si c’est le cas, pourquoi les autres engagements que cette communauté ne sont ils pas honorés tels que les appuis logistique et technique, politique et administratif, et financier? Le constat révèle que cette transition est restée trop longtemps au pouvoir et l’usure du temps a fini par affaiblir cette mainmise de la communauté internationale. Et au nom de cette expérience éternelle appelée (pseudo)souveraineté, il est de nature que tout homme qui a du pouvoir est porté en abusée. Puisque les lois ne résistent pas à la folie des hommes, autant en profiter! Une tolérance qui donne au détendeur du Pouvoir une légitimité malgré le fait que son Pouvoir n’est plus qu’un pouvoir. Une légitimité due aussi bien à l’absence de pouvoir qui pourrait arrêter son pouvoir. Ainsi, pourquoi se retenir de ne pas user ses moyens pour assouvir sa soif d’autorité.
En tout cas, l’occasion était opportune pour le Phat Andry Rajoelina de se prétendre être parmi les grands de ce monde. Avoir eu un temps de parole à la tribune des Nations-Unis satisfait amplement son orgueil. Etre interviewé par la Radio de l’Onu lui a permis se sortir de l’ombre. Et avoir été invité au banquet offert par le SG au côté des Chefs d’Etat, Princes héritiers et Rois du monde entier était tout simplement un rêve devenu réalité à ses yeux. Certes, c’était au nom de l’Etat malgache qu’il s’est présenté à toutes ces cérémonies, mais la vraie question est qu’est ce que cela a apporté à la nation de 20 million d’âmes?

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