Avoir suspendu… être suspendus…

On attendait la décision, et ce n’est que ce mercredi 18 juillet que le décret N° 131-PT/SGP/COM portant suspension de Andriamandranto Ihanta, Tsiranana Ruffine, Ramalason Olga, Botozaza Pierrot et Ravatomanga Rolland de leurs fonction de ministre. Ces derniers étant les 5 représentants de la mouvance Ravalomanana dans le Gouvernement d’union national dirigé par Beriziky Omer. Ils ont depuis quelques mois suspendu leur participation au conseil de gouvernement et au conseil des ministres après l’arrivée avorté de l’ancien président de son exile suite à la NOTAM prise au niveau de la Phat. Une suspension qui commençait à gêner cette institution de la transition, et qui met la cohabitation et la feuille de route en générale en mauvaise voie. Pourtant, la raison de cette scission et la non application en entier et selon les termes convenus de cette fameuse feuille de route qui est censée sortir le pays de la crise. La suspension de participation au diverses réunions gouvernementales ne paralysait pas pourtant les missions ministériels auxquelles ces ministres sont rattachées. En 2011, un rapport de la Banque mondiale a même félicité la performance de ces ministères. Mais une chose est sure, la suspension  ne plaisait guère au Phat et ses lieutenants qui cherchaient depuis toujours à écarter ces potentiels adversaires. On assistait ainsi à des guerres de communication entre les eux camps: l’autre qui menace de quitter définitivement le gouvernement, qui aura pour conséquence l’anéantissement la feuille de route. De l’autre côté, Andry Rajoelina et consorts interdisaient l’accès aux medias publics aux dissidents.

Souhaitant réussir un coup de maitre, la Phat a donc pris cette décision afin d’affaiblir ses farouches opposants. Mais c’est l’effet contraire qui semble apparaitre.

En effet, après le licenciement du ministre de l’environnement qui devrait être remplacé par intérim par le premier ministre, l’union nationale se dégradait considérablement. La mouvance Zafy Albert refuse de reconnaitre que ce ministre évincé soit issu de sa mouvance aussi bien que les autres qui prônaient l’être, alors il n’est pas de son devoir de trouver son remplaçant. Et il va même jusqu’à renier le premier ministre. Depuis, le poste de ministre de ce département reste vide. Débordé par ses fonctions, Beriziky n’a plus le contrôle sur ce second navire qu’il a à la charge. Il ne restait plus alors que les mouvances Rajoelina et Ranavalona qui composent le gouvernement avec les autres ministres des autres plateformes signataires de la feuille de route.

Et voila que la mouvance Ravalomanana ; un des piliers de la transition,  sont dégagés « officiellement » de leurs sièges, la paysage  politique de la transition malgache revêt son vieux manteau d’unilatéralisme. Surpris de cette réaction qu’ils qualifient d’illégale, les ministres en question poursuivent leurs activités car aucune nomination de leurs remplaçants n’a été faite. Ne voulant pas créer le vide comme celui qui se trouve au Ministère de l’environnement, ils attendent les pieds fermes que le Phat oserait mettre quelqu’un à leurs places. Et même qu’aucune condamnation de la communauté internationale n’est pas encore à plaindre, il est évident que cette décision aura un très mauvais impact sur l’image de notre nation. Une communauté internationale qui peine à réunir le protagonistes de cette crise à la malgache.

Tout ne se tient qu’à un fil

Dans son communiqué du 14 juillet, le groupe de contact pour Madagascar a déjà mis en garde sur l’importance de la future rencontre entre Ravalomanana et Rajoelina. Une rencontre qui se tiendra ce mardi 24 juillet aux Seychelles. Des sanctions, pas encore évoquées, seront affligées à celui qui tente de compromettre aux résolutions de cette crise a martelé ce communiqué de la Sadc.

Une des choses que j’avais appris quand je négociait est que je ne peux pas changer l’autre tant que je ne change pas moi-même

Nelson Mandela

Autant dire alors que cette rencontre est le seul fil qui pourrait faire passer le courant entre ces deux têtes, pour ne pas dire ces deux bornes. Il nous reste plus alors qu’a espérer qu’ils se décident de sortir Madagascar de sa situation actuelle. Une situation qui met en suspension tout espoir de développement vue que tout aide venant des institutions financière est suspendue. Une situation qui suspend aussi le pays de sa place en Afrique et dans le monde.

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